Conséquences environnementales des barrages

source : Wikipédia

– Fragmentation écologique, quand le barrage est un frein ou blocage à la migration d’espèces aquatiques.

Il y a dans certains pays obligation depuis quelques années sur les ouvrages neufs (en France, sur les rivières classées “migrateurs” depuis la Loi “Pêche” n° 84-512 du 29 juin 1984) de créer des échelles à poissons. Celles-ci sont encore rares sur les ouvrages anciens ou sur les rivières où la présence d’espèces migratrices n’est pas identifiée. Réciproquement, certains ouvrages sont équipés sans obligation, par la volonté de l’exploitant. Certaines échelles à poissons mal conçues ou mal construites peuvent se révéler peu efficaces.
Le transport des poissons en camion est parfois la solution alternative retenue, par exemple sur la Garonne entre Carbonne et Camon, où l’enchaînement de cinq barrages importants aurait nécessité des équipements onéreux, et un trajet très éprouvant pour le migrateur. Les poissons sont donc “piégés” à une extrémité de la chaîne, identifiés et transportés par camion-citerne à l’autre extrémité.

– Modifications hydrauliques.

Le barrage bouleverse le débit naturel et saisonnier du cours d’eau, affecte le niveau des nappes et le transfert des matières en suspension et sédiments. Il a des effets différés sur les écosystèmes d’une vaste zone en raison de l’inondation de la zone amont, et de la forte modification du régime d’écoulement des eaux de la zone aval, ainsi que de la modification de la qualité des eaux provoquée par la retenue.

Modification des structures écologiques et facilitation des «invasions biologiques».

Un écosystème sub-naturel et plus ou moins équilibré se reconstitue dans ces zones plus ou moins rapidement (en l’espace d’environ 30 ans, l’écosystème serait recréé à 99 %[réf. nécessaire], y compris en aval dans les anciennes zones asséchées). Néanmoins, cet écosystème n’est jamais identique à celui d’origine : la disparition des courants en amont, et la très forte diminution du débit en aval, ainsi que la disparition ou le lissage des débits saisonniers provoque généralement la disparition de certaines espèces autochtones.
De plus, une étude[2] publiée en septembre 2008 a confirmé aux USA que dans les bassins-versant, les milieux artificiels que sont les lacs de retenues étaient beaucoup plus propices au développement d’espèces aquatiques dites ” invasives ” que les lacs naturels,
Cette étude a cherché à corréler dans la région des grands lacs l’importance des invasions biologiques avec la physico-chimie de la masse d’eau, l’intensité et la nature des activités nautiques avec la distribution géographique de 5 espèces non indigènes[3] L’étude a montré que le risque d’invasion biologique est (pour la région des grands lacs) de 2,4 à 300 fois plus élevé dans les lacs de retenue que dans les lacs naturels (vers 2005/2008). Ce risque a augmenté avec les temps, et la menace augmente pour les lacs naturels car l’augmentation du nombre de retenues touchées a presque partout diminué la distance entre eaux “contaminées” et eaux naturelles.
C’est dans ce cas l’homme qui joue le rôle principal de colporteur et en particulier selon Pieter TJ Johnson l’un des auteurs de l’étude, les activités de pêche et de nautisme qui favorisent la dissémination de nombreux organismes, dont la moule zébrée (accrochée sous les bateaux), les myriophylles invasif accrochés aux remorques porte-bateaux, et les éperlans arc-en-ciel et une écrevisses invasive qui a été utilisée comme appâts (aujourd’hui interdit).