Barrage-écrêteur sur l’Onzon, dans la Loire : faut-il un nouvel ouvrage pour gérer le risque naturel d’inondation ?

Par 24 décembre 2012 actualités

L’Onzon est un petit affluent du Furan, en rive gauche de la Loire, dans le département éponyme. Saint Etienne Métropole vient d’y lancer la construction d’un barrage écrêteur de 150 mètres de longueur en crête, 16 m de hauteur, 350 000 m3 de capacité pour diminuer l’onde de crue pour les communes de l’aval, Sorbiers, La Talaudière, l’Etrat.

Ces communes ont dangereusement occupé l’espace alluvial depuis quarante ans : quelques centaines de mètre à l’aval du chantier, on trouve un premier lotissement, dont certaines maisons ont été construites dans le lit mineur de l’Onzon. L’ une d’elles a même installé sa piscine là où coulait le torrent ! Tout au long de ses 16 km, le lit majeur de la rivière est une suite à peine interrompue d’usines, lotissements, voiries qui ont accru l’exposition au risque. La communauté d’agglomération construit ce barrage, d’un coût de 2,5 millions d’euros, (dont un million d’euros du Feder, ce qui est surprenant) dans le cadre du PAPI (Programme d’Action de Prévention des Inondations, issus de la Loi Barnier de 1995) mis en place en 2003. Saint-Etienne Métropole conduit par ailleurs une opération intéressante (mais marginale) d’élargissement ponctuel du lit de l’Onzon, avec le déplacement de quelques bâtiments très exposés. Mais l’ensemble n’est pas assez cohérent, ni surtout partagé. Dans un monde où le montant des dégâts liés aux crues croit de façon exponentielle, il faut, ensemble, comme le demande la Directive Inondations de l’Union européenne de 2007, construire une culture du risque innovante, adaptée, partagée, qui s’appuie sur la restauration des zones d’expansiion des crues et le bon fonctionnement des hydrosystèmes, pas sur la poursuite de leur artificialisation.
C’est beaucoup plus difficile, long, mais c’est essentiel. Regardons par exemple ce que font les Hollandais, avec leur nouveau plan de gestion du risque « Room for the Rivers ». Ne recopions plus la « logique barrage ». Le WWF a, depuis 2005,
proposé une coopération sur ce sujet à Saint Etienne Métropole. La porte est toujours restée fermée. Il serait temps de l’ouvrir, de réfléchir ensemble à une gestion du risque plus conforme à ce que demande l’Union européenne, sur un bassin qui a lancé le Plan Loire Grandeur Nature. Construisons une gestion participative qui permette de protéger et restaurer les dernières portions de rivières intactes de l’hinterland stéphanois, de bâtir des « territoires résilients » face au risque d’inondations, comme le demande l’Europe. Ne passons pas systématiquement par la case barrage. Le chantier est pour l’instant suspendu, suite à la découverte d’une pollution aux hydrocarbures.

Lien vers l’album photo : bit.ly/U6fwVM

Pour information complémentaire :

Décret no 2011-227 du 2 mars 2011 relatif à l’évaluation et à la gestion des risques d’inondation :

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le bulletin “Rivières en Péril” 64 :

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