Pinnochio, le Retour… Communiqué de presse

L’action de ce matin a été joyeuse et couronnée de succès, comme d’habitude, avec notamment la rencontre du maire, ce cher Pinocchio, visiblement très énervé, et de plusieurs dizaines d’Appelous contents de nous voir et particulièrement ravis de la présence des pandas :
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Nous avons fini par une ballade le long de l’Ondaine découverte au Chambon Feugerolles, où Saint-Etienne Metropole a fait de l’excellent travail, et où les rives sont de nouveaux utilisées par la population locale. Comme quoi, on peut faire des choses exemplaires dans la Loire…
Merci à tous ceux qui ont participé !

Communiqué de presse :
Reconstruction du barrage aberrant des Plats, sur la Semène dans la Loire : Appelous, Pinocchio est revenu !

On ne peut pas dire que les citoyens de ce pays aient une confiance démesurée dans leurs élus. La République vient récemment de nous offrir, avec les affaires Cahuzac, Guéant, l’exemple de dérives qui ne sont pas l’honneur de notre pays. Le mensonge le plus grossier fait encore partie de la culture de quelques unes de nos élites locales et nationales.
Ici, dans la Loire, nous avons aussi nos petits et gros mensonges. Du genre gros, en fait. Qu’on en juge. Dans une interview donnée sur France 3, à l’occasion de « l’Opération Rapetou » organisée par le Collectif Loire Amont Vivante le 14 mai dernier pour dénoncer le pillage des caisses publiques afin de reconstruire le barrage des Plats, Jean Marc Petit, maire de Firminy, a fait étalage de réels talents dans ce domaine. Il a qualifié le projet de « vital, absolument vital, totalement vital » pour le territoire. Et réduit ses opposants à une « minorité, toute petite minorité ». Ces déclarations un rien fantaisistes mais tout à fait mensongères méritent quelques explications.

Un « projet vital, complètement vital, absolument vital » pour la ville de Firminy. ?
Le barrage d’eau potable des Plats, sur la Semène dans le département de la Loire, avait été percé en 2005, présentant des risques pour la sécurité. Les communes desservies ont depuis cette date été approvisionnées sans difficultés, grâce à un piquage sur la conduite forcée sous utilisée qui alimente l’agglomération stéphanoise depuis le grand barrage de Lavalette, en Haute-Loire. Le projet de reconstruction de l’ouvrage, d’un coût de plus de 6 millions d’euros, dont 3 millions d’euros d’argent public et 3 millions que devront payer les Appelous sur leurs factures d’eau avait reçu des avis négatifs de tous les services techniques consultés. Non seulement l’approvisionnement était déjà garanti, mais il y avait, pour construire une sécurité supplémentaire, la possibilité, pour un coût deux fois moindre, de construire une nouvelle conduite depuis un captage en Loire. Aucun risque donc d’aucune pénurie d’eau, sans le barrage des Plats, sauf pour ses promoteurs.

Un projet contesté par une « minorité, une minuscule, une toute petite minorité » ?
Le projet serait contesté par une « toute petite minorité ». Quelques personnes, en somme. Dix, peut-être, selon M. Petit ? Qu’on en juge. Toutes les associations de conservation de la nature et de pêche des départements de la Loire et de la Haute-Loire sont opposées depuis l’origine à cette reconstruction. Cela représente au bas mot 50 000 personnes. Auxquelles il faut rajouter diverses ONG régionales, nationales et internationales, comme la Frapna Région, la LPO ou le WWF, ce qui rajoute quelques centaines de milliers de personnes. Il ne faut naturellement pas oublier les services et agences de l’Etat, Agence de l’Eau Loire Bretagne, Onema, Dreal de Bassin qui ont tous donné un avis défavorable à ce projet. Une autre minorité, sans doute. Auxquels il faut rajouter quelques collectivités. Le Conseil Régional Rhône-Alpes est opposé à cet ouvrage ; le Conseil Général de la Loire en finance une partie (200 000 euros) contre son gré. C’est cela, une toute petite minorité, selon M. Jean Marc Petit. Il y a vingt ans, Jean Royer, président de l’EPALA, Etablissement Public d’Aménagement de la Loire et de ses Affluents avait qualité les opposants de SOS Loire Vivante « d’énergumènes ». Cela ne lui a pas particulièrement réussi, les chantiers commencés de barrages, comme celui de Serre de la Fare sur la Loire amont ou de Chambonchard sur le Cher ont été stoppés, et les « énergumènes » ont gagné.

L’étrange conversion du maire de Firminy, qui veut vendre de l’eau sur le dos des contribuables et des usagers ?
M. Jean Marc Petit était opposé à la reconstruction de ce barrage parfaitement inutile il y a quelques années. Il a subi une étrange conversion depuis son accession à la tête de la mairie de Firminy, où il a pris la suite de M. Dino Cineri, par ailleurs parlementaire UMP et zélote indéfectible du béton pour la Semène. Visiblement, l’accession a la responsabilité a transformé les convictions de M. Petit, ce que nous pouvons à la rigueur comprendre, la ville cherchant à gonfler ses ressources par la vente annuelle de l’eau, pour un montant de 100 000 euros par an. Par contre, que le nouveau maire mente effrontément pour justifier un ouvrage qui est toujours injustifiable est plus grave. Nous tenons à le faire savoir et à informer les Appelous, qui vont payer une bonne partie de la facture. Le nez de M. Petit, comme celui du héros de Gepetto, risque de s’allonger de plus en plus, au fil des mois, s’il continue dans cette direction. Qu’il dise à ses administrés que cette reconstruction est une opération commerciale, sur le dos des contribuables et usagers.

La crise de l’eau est une réalité. La crise de la biodiversité n’est pas une plaisanterie. La crise économique ne fait rire personne. Ce n’est pas avec de grossiers mensonges que nous résoudrons les défis devant nous, que nous construirons du lien social fort : les citoyens de la Loire et de la Haute-Loire ont le droit à la vérité sur cet ouvrage. Il faut d’urgence stopper le chantier du barrage sur la Semène et lancer les alternatives.

communiqué au format pdf

Contacts :
Antoine Lardon : Fédération de Pêche de Haute-Loire   04 71 09 09 44  antoine.lardon@wanadoo.fr
Alain Bonard : Frapna Loire  04 77 41 46 60   bonard.alain@gmail.com
Martin Arnould : WWF France – programme « Rivières vivantes » : 06 15 41 68 62 marnould@wwf.fr
Roberto Epple : Président ERN France 04 71 05 57 88 roberto.epple@ern.org
Philippe cochet  : Président Nature Haute-Loire  nature.haute-loire@orange.fr